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Monopoly city streets
Késako?
Cela fait maintenant un mois que Hasbro a lancé une nouvelle version de son fameux jeu de société « Monopoly » : Monopoly city streets. Le principe est simple, faire jouer gratuitement, à travers les navigateurs web, le monde entier, sur un plateau de jeu à l’échelle de ce public : les rues de notre chère planète.
Depuis longtemps, Hasbro essaye de faire de nombreuses versions de son Monopoly en permettant à ses joueurs d’acheter des choses qui leur sont chères : son équipe favorite de football, les rues de sa propre ville ou même voter sur internet pour créer une version personnalisée de son monopoly. Quoi de plus normal que de continuer avec ce média incontournable et de s’associer avec le géant d’internet, Google.
C’est donc fort de ce partenariat et de cette idée que l’agence numérique de Hasbro, Tribal DDB, filiale de DDB WorldWide s’est attelée au développement.
Comment ca marche?
Chaque utilisateur part avec un compte en banque de 3 Millions de dollars virtuels. Avec cet argent il a la possibilité d’acheter une rue libre (couleur violette) ou faire une proposition d’achat sur une rue appartenant à un autre joueur (couleur bleue). Sur chacune des ces rues, le joueur peut construire des immeubles dans le but d’augmenter la rente de son loyer. Le loyer tombe chaque jour. Des nombreuses cartes chances sont présentes : bulldozer pour détruire des bâtiments, impôts, gains d’argent, bâtiments nuisible pour bloquer le loyer de votre voisin, bâtiment bonus pour protéger vos rues des bâtiments nuisibles.
Pourquoi ca marche?
Avant tout, c’est un formidable buzz, relayé sur tout internet. Google et hasbro ont réussi à venir se positionner sur un concept n’existant pas encore (ou tout du moins pas à une telle échelle), faisant qu’accroitre l’efficacité du buzz. En effet un buzz réussi doit être, avant tout, d’une forme nouvelle ; les internautes se lassant très vite des phénomènes de mode du marketing viral. Mais en dehors du concept marketing, toujours aussi bien maitrisé par ces deux multinationales, il y a des mécanismes de gameplay bien pensés.
- Tout d’abord, les développeurs mènent adroitement « l’addiction » à leur jeu, à travers trois règles basiques et tout aussi fondamentales :
- Si vous ne répondez pas dans les 7 jours à une proposition d’offre sur une de vos rues, celle-ci est automatiquement acceptée.
- Si vous ne vous connectez pas sur une durée de 2 semaines, l’ensemble de vos rues reviennent à la banque.
- Vous devez vous connecter chaque jour pour toucher un loyer.
- Ils ont également réussi à répondre à une difficulté bien connue des développeurs de jeux gratuits, la cohabitation « d’hardcore-gamer » et de joueurs « casual », et la frustration qui en découle. Il faut que ces premiers aient matière à s’occuper, sans pour autant empêcher aux derniers de prendre du plaisir dans le jeu. Afin d’éviter toute forme de frustration et de ne pas obliger les derniers venus à aller chercher des rues au fin fond du canada (pourtant c’est là bas que sont les meilleures
), une règle simple et tout aussi redoutable d’efficacité à été mise en place : l’imposition sur le loyer. Tant que le joueur dispose de moins de 5 rues, son loyer ne sera pas imposable. Puis, une taxe équivalente à 3% (par rue supplémentaire) de votre loyer total vous sera retirée. Ainsi au bout de 38 rues, votre loyer sera taxé à 100%. Les plus gros joueurs ne chercheront donc pas à obtenir toutes les rues de la planète, permettant de laisser une part du gâteau à ceux qui jouent moins. Chose d’autant plus importante que le public n’a pas de limite dans cette version du Monopoly.
La difficulté est également adaptée au niveau d’expertise de l’utilisateur. Au bout d’un certain loyer, de nouvelles cartes font leur apparition afin de corser le jeu en vous demandant de débourser d’importantes sommes d’argent.
Ce système permet donc à chaque type de joueur d’y trouver satisfaction et challenge. - Dans le but de réaliser un jeu le plus accessible, les développeurs ont misé sur une interface minimaliste, et c’est là qu’apparaissent les premiers problèmes. Les temps de chargements restent, malgré tout, parfois longs (même si les développeurs ont acquis le concept d’auto-dérision dans leurs messages d’erreurs), l’affichage sur des écrans de basse résolution est troqué (empêchant de voir les liens situés dans le pied de page de l’interface, comprenant notamment les « gaming rules »…), le relâché de la souris n’est pas toujours pris en compte lorsqu’on déplace le cadre de vision, et le jeu est dépourvu de tout tutoriel à la première connexion. Pourtant il en aurait bien besoin, pour expliciter les codes couleurs, la nécessité d’acheter une rue avant de s’inscrire…
Je ne pense pas être le seul à m’être dit en arrivant sur le site « je comprend rien ». Certes il y a un blog détaillant l’ensemble des règles (lorsqu’on a un écran suffisamment grand) mais il ne faut pas oublier qu’un joueur n’a qu’une envie lorsqu’il se confronte à son nouveau jeu : jouer immédiatement et prendre du plaisir au plus vite, le manuel d’utilisation ne venant que pour compléter la prise en main intuitive du logiciel et non la remplacer.
Mais peut-être est-ce tout simplement volontaire : continuer à maitriser le buzz jusqu’à l’inscription des joueurs, une fameuse dose de « mystère », qui réussi à Google depuis tant d’années.